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Lost in Translation,
quelles suites pour Flash ?

Christian Porri

Déjà en octobre 2000, les gourous de l’UX design Jakob Nielsen et Don Norman estimaient qu’Adobe Flash (1996) provoquait une sorte de « maladie de l’utilisabilité11 Jakob Nielsen, « Flash: 99 % Bad », Nielsen/Norman Group, 2000, http://b-o.fr/nielsen », un cancer de l’usage. En bons défenseurs d’une forme de fonctionnalisme, ils prônaient l’abandon des médias « enrichis » pour recentrer le Web sur le contenu « seul », sans autre forme d’invention. En 2010, on entendait des affirmations au ton tout aussi péremptoire lorsque Steve Jobs appellait à bannir Flash22 Steve Jobs, « Thoughts on Flash », avril 2010, http://b-o.fr/jobs. Plus personne ne tolérait cette technologie ni tout ce qu’elle avait contribué à créer pendant presque quinze ans : design Web immersif, animations sophistiquées, contenus multimédias, introductions, interactions non standard, etc.

La fin des années 2000 fut une charnière étrange pour le Web. D’une part, il s’affranchissait progressivement des devices (appareils), systèmes d’exploitation et logiciels. D’autre part, la monétisation des données des utilisateurs l’enfermait dans des services, plateformes et modèles de stores, propriétaires et policés. En pointant certains défauts réels de Flash (consommation énergétique, bugs, support des écrans tactiles), les acteurs de ces nouveaux marchés liés à l’émergence du Web mobile (Apple iOS notamment) se débarrassaient alors d’une technologie concurrente, certes propriétaire, mais offrant un contenu riche et interactif sans contrepartie financière33 Voir : Nathalie Lawhead, « A short History of Flash & the Forgotten Flash Website Movement (when websites were ‹ the new emerging art form ›) », Nathalielawhead.com, novembre 2020, http://b-o.fr/lawhead. Sous leur influence, dès 2010, le webdesign, résolument orienté mobile, fermait ses portes à Flash, alors qu’au même moment, Adobe inaugurait l’Adobe Museum of Digital Media (offline depuis 2018), un musée dédié au numérique, faisant la part belle aux contenus Flash.

Depuis fin 2020, il n’est plus possible d’afficher des sites en Flash depuis les principaux navigateurs Web. Cet abandon technologique est la conséquence finale d’un m…