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Point trop n’en fautLes visualisations de données du New York Times

Benoît Böhnke

Diagrammes, cartes, graphiques, nuages de points et schémas peuplent abondamment les pages Web et imprimées des grands journaux. Par une intrication de signes, de couleurs, de textes, de pictogrammes et d’images, ces visualisations s’emploient à offrir au lecteur une approche didactique de l’information. Depuis le début des années 2000 et le développement de la mise en réseau des données (big data, open data, la presse s’est elle aussi emparée de ces nouvelles représentations statistiques. 

De l’émergence des graphics editors

Le New York Times, acteur emblématique du journalisme soucieux de proposer des formes éditoriales « innovantes » à son lectorat, a ainsi exploré les possibilités techniques offertes par le Web. Le quotidien américain s’est doté d’une équipe de production dédiée à cette activité, faisant alors émerger de nouvelles professions, à la croisée du design graphique et interactif, de l’analyse statistique, du journalisme et du développement informatique. Dénommés graphics editors (rédacteurs graphiques ou journalistes visuels), ces profils témoignent de la double compétence requise à l’élaboration de ces visualisations : un travail éditorial d’analyse des données conjugué à la réalisation d’une représentation graphique spécifique.

Pour répondre aux besoins techniques inhérents à la conception de ces représentations pensées pour le Web, certains graphics editors furent à l’initiative du développement logiciel d’outils de production dédiés. Mike Bostock a, entre autres, été à l’initiative de la bibliothèque JavaScript D3.js peu de temps avant d’être en poste au New York Times. Celle-ci offre un ensemble de fonctions permettant la mise à jour dynamique de la structure d’une page HTML suivant les données à représenter. Son excellente optimisation offre une grande réactivité d’interaction et une gestion des animations performante. 

La variété des exemples présentés sur D3js.org démontre l’étendue des potentiels offerts : le zoom permet l’accès à des strates d’informations multiples ; les filtres autorisent la sélection de sous-ensembles et la réorganisation dynamique des données ; l’animation rend possible la représentation de phénomènes dynamiques. Ces quelques modes d’interaction et d’affichage permettent au lecteur d’accéder à des volumes d’informations conséquents. Emblématique d’une forme de renouveau de la visualisation, la création de D3.js valut à Mike Bostock d’être décrit par le statisticien vedette Edward Tufte comme l’un des acteurs clefs de cette discipline.