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Le mouvement plus que la matière

Mitch Paone (DIA Studio)

Traduit de l’anglais
par Phœbe Hadjimarkos Clarke

Entretien avec

Afin d’aborder la question de la typographie dans le contexte des identités visuelles animées et les développements contemporains dans le champ du design graphique en mouvement, Back Office a rencontré Mitch Paone, cofondateur avec Meg Donohoe de DIA Studio, une agence basée à New York et spécialisée dans les « identités cinétiques » (kinetic identities).

À la fin des années 1990, quand j’étais plus jeune, je passais mon temps à regarder les animations de MK-12, Buck, Psyop et Brand New School, et les génériques de Kyle Cooper ou Imaginary Forces. J’ai étudié le design à l’université Loyola de la Nouvelle-Orléans dont je suis sorti diplômé en 2005. J’y ai aussi appris le piano jazz et j’essayais de trouver un moyen d’associer musique et image. Après la fac, je suis parti pour Los Angeles où j’ai travaillé comme free-lance pour différentes sociétés de production publicitaires : je réalisais des animations, des génériques de film, des publicités et des effets spéciaux. J’animais essentiellement du texte. Quand nous avons fondé DIA Studio en 2009 avec Meg Donohoe, nous avons reçu quelques commandes de la part de chaînes de télévision, et nous aimions bien cela. De 2011 à 2013, nous nous sommes progressivement construit un portfolio en dessinant des polices sur mesure ; tout cela était assez conventionnel. Plus cela allait, moins nous étions satisfaits de l’environnement professionnel dans lequel nous évoluions. Quand on travaille pour la publicité, on est constamment mis en concurrence avec d’autres studios. Les agences sont souvent nos principaux clients et font l’intermédiaire avec les commanditaires. Elles nous disent généralement exactement ce qu’elles veulent ou nous demandent de reproduire ce que nous avons déjà réalisé. J’avais l’impression de perdre mon énergie créative.

À ce moment-là, nous avons décidé de prendre un peu de recul pour revenir à la formation de design dont nous nous étions éloignés : quand nous travaillions pour des génériques de films, du motion design (design animé), tout ce que nous avions appris en regardant le design éditorial et la typographie suisse semblait hors sujet ou inutile. Tout ce qui relevait de la pure typographie, c’est-à-dire de la relation à l’échelle des objets ou à la page n’avait pas beaucoup de sens pour le motion design. Dans ce cadre, nous ne réfléchissons pas tant en termes de formats fixes, de taille ou de proportions, mais plutôt du point de vue d’un film narratif. En 2016, les shows visuels conçus pour les concerts du DJ et producteur Alain Macklovitch, plus connu sous le nom d’A-Trak, ont vraiment fait démarrer notre carrière. Il s’intéressait particulièrement à l’association entre animation et identité et voulait axer toute la direction artistique là-dessus. Tout ce que nous avons fait pour lui revenait à une stricte combinaison de typographie et de mouvements, avant que cela ne devienne une espèce de mode. À partir de là, nous avons eu beaucoup de commandes, c’était génial…